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XIXème siècle

Ces sont des mesures prises par ce même Bonaparte qui apaisent les esprits : liberté pour les catholiques, les émigrés et certains opposants, indulgence pour ceux que la misère, la crainte, ont un moment associés à des bandits. En même temps, la mise en place d’un appareil de surveillance et de répression des exécutions, réduisent le brigandages à peu de chose.

Les guerres de l’empire coûtent la vie à cinq mille jeunes varois au moins. A Toulon, huit mille soldats et marins meurent de maladie ou des suites de leurs blessures. Toutefois les désertions ne prennent de réelle ampleur qu’en 1814. Avec elles le brigandage renaît. Il est vrai que la situation économique est mauvaise et qu’un dixième de la population se trouve dans un état voisin de la misère. En 1812, à Toulon, éclate un complot contre l’Empereur. Deux ans après Napoléon n’est pas regretté. On l’accueil froidement à son retour de l’île d’Elbe. Quand il organise un plébiscite, sur soixante-dix mille électeurs, cinq mille deux cent quarante seulement vote, vingt trois osant répondre « non ».

La défaite de 1815 n’amène que quelques manifestations royalistes bruyantes et une brève et bénigne occupation autrichienne.

Une fois encore les Varois acceptent le changement, par indifférence et désaffection pour les régimes précédents. Mais une évolution se produit lentement. Les idées républicaines pénètrent dans la bourgeoisie, avant 1830, et en 1848 elles ont conquis une assez grande partie du peuple. On lit les journaux, on discute dans les chambrées, cercles à recrutement populaires, qui foisonnent, puisqu’il en est jusqu’à douze pour deux mille habitants, trois ou quatre dans les petits villages. Cependant, des militaires sont toujours bonapartistes, des catholiques toujours légitimistes.

La population de l’ensemble du Département augmente. Toutefois le Haut-Var commence à se dépeupler et, partout, le nombre de décès l’emporte sur celui des naissances. Ce sont donc des émigrants, Bas-Alpins surtout, qui comblent, et au-delà, le déficit.

Durant cette première moitié du XIXe siècle, la situation économique s’améliore.

Le travail de la terre fournit toujours l’essentiel des ressources et la production de blé, d’olives, de vin, s’élève à des niveaux jamais atteints. L’essor commercial et industriel entre 1830 et 1945, est encore plus vigoureux. On commence a utiliser le liège (1 200 personnes employées en 1848), a fabriquer de la soude. Toutes les activités artisanales traditionnelles prennent de l’extension et plus encore la construction navale à la Seyne (450 ouvriers en 1848).

La crise de 1847 et la dépression qui suit sont moins graves dans le Var que dans le reste de la France.

Cette prospérité est, pour une grande part, due à la conquête de l’Algérie en 1830.

C’est de Toulon que partent les troupes, puis les renforts, le ravitaillement (pendant une vingtaine d’années le Var tout entier envoie des produits divers, des briques, des chaussures, du vins). La ville profite largement de ce fait nouveau : un arsenal est crée au Mourillon, deux darses creusées à Castigneau. Le nombre de fonctionnaires, militaires, ingénieurs, artisans, commerçants progresse dans une citée active dont la population double en vingt ans et atteint les 60 000 habitants en 1850.

La République de 1848 est bien accueillie. Les neufs élus sont tous républicains. Parmi eux, un seul ouvrier, venant de l’arsenal de Toulon. Lorsqu’il s’agit d’élire le président de la République, le Var place largement en tête le général Cavaignac. En mai 1849, sur sept députés, quatre sont rouges.

Lorsque la nouvelle du coup d’état du 2 décembre 1851 est connue, l’opposition se prépare à la lutte. A Draguignan, Grasse, Antibes, Toulon elle ne peut rien. Les forces armées étant restées fidèles à Louis-Napoléon Bonaparte. Il en va autrement dans les campagnes où les républicains remplacent les autorités, procèdent à des saisies d’armes et à des arrestations. Le mouvement se manifeste surtout dans la région du golfe de Grimaud, en particulier à la Garde Freinet, et aussi à Brignoles, Le Luc, Cuers, Le Muy, toutes les localités établies le long des principales voies de communication, ainsi que dans le nord-ouest du département.
Le 6 décembre plusieurs milliers d’hommes sont réunis à Vidauban. Un journaliste de Marseille, Duteil, prend le commandement de la colonne, laquelle, par Les Arcs et Lorgues, gagne Salernes, puis Aups , sans doute dans l’espoir de « donner la main » aux insurgés de Basses-Alpes.

Le 10 décembre au matin, un régiment venu de Toulon par Draguignan arrive à Aups. Il ne faut que quelques décharges pour disperser les républicains. Une quarantaine d’entre eux perdent la vie. Quatre mille, ou plus, sont arrêtés. Quelques-uns s’enfuient et par les montagnes peuvent atteindre le Conté de Nice.

La répression se veut exemplaire. Les Commissions mixtes et les tribunaux condamnent 2 281 personnes, dont 748 à la transportation en Algérie. Assez vite, il est vrai des remises ou des réductions de peines atténuent cette sévérité. Mais les républicains varois n’oublieront jamais les évènements de 1851.

Lors du plébiscite de ce même mois de décembre, l’approbation l’emporte par 94% des voix. Mais un tiers des inscrits n’a pas voté. Lors des élections au Corps Législatif, en mars 1852. Les abstentions atteignent 50%, mais les candidats officiels recueillent 90% des voix.

Le Var entre alors dans une période qui amène un développement certain et aussi le début de mutations profondes.

La population continue de diminuer, malgré l’arrivée d’étrangers, d’Italiens surtout. Le taux de natalité est faible (22%), le taux de mortalité élevé (25%). Le choléra sévit en 1854, 1855, 1865, en particulier dans la région de Toulon.

Comparée à celle de l’ensemble de la France, cette population présente certaines particularités. Proportionnellement, les agriculteurs sont plus nombreux. Presque tous possèdent la terre qu’ils font valoir, les salariés eux-mêmes ayant quelques lopins. En revanche, on compte moins d’ouvriers, et encore ceux-ci travaillent-ils surtout pour des industries alimentaires, ou dans celles du cuir, du liège, de la soie, de l’argile.
Enfin, il y a dans le Var, beaucoup plus de fonctionnaires, de membres de professions libérales, de retraités, d’inactifs, de femmes sans profession salariée.

Mais il y a beaucoup moins de mendiants. Les modestes produits d’une économie équilibrée sont, dans ces petites sociétés rurales, accessibles aux plus humbles.

L’activité industrielle se maintient, surtout dans le bâtiment, la fabrication des chaussures. Elle décline dans la minoterie et le travail de la soie. Par contre, à la Seyne la construction navale, la réparation des navires à Toulon, ont une réelle importance ; les forges et chantiers de la Méditerranée emploient trois mille personnes en 1870.

Les années 1859-1864 voient se produire deux événements d’importance très inégale.

L’un est d’ordre administratif. En exécution du traité de Turin conclu avec le roi de Sardaigne le 24 mars 1860 et qui décide la réunion à la France de la Savoie et du Conté de Nice. La loi du 23 juin suivant dispose que « le territoire de Nice et l‘arrondissement de Grasse, distrait du département du Var, composent le Département des Alpes-Maritimes ».

L’autre, de plus de conséquence, touche à l’économie : la voie ferrée parvient à Toulon en 1859, à Fréjus en 1862, à Nice en 1864, à Draguignan la même année.

Le Cabotage, alors si actif, est très vite frappé à mort. Et, de plus en plus, soit dans le Var, soit dans les régions environnantes, les productions locales sont confrontées à des importations, aux prix moins élevés : blé du nord de la France ou du nord de l’Europe, charbon, textile, graines oléagineuses, d’Egypte d’abord, des colonies françaises ensuite, huiles d’olive de Tunisie. Pour comble de malheur en 1863, le phylloxéra apparaît dans l’ouest du département.

Seule profite de la rapidité des échanges la culture des fruits, légumes, fleurs, dans les régions de Toulon, Hyères et de Solliès.

Malgré tout, le cœur des Varois n’est pas conquis. Aux élections de 1868, les candidats républicains obtiennent près de 40% des voix . Lors du plébiscite du 8 mai 1870, les partisans de Napoléon III ne totalisent que 60% des votants, contre 80% dans le reste de la France. L’opposition l’emporte même dans les cantons de Draguignan, Le Luc, Saint-Maximin, Callas et Toulon.

Sous le nouveau régime, le Var donne ses suffrages aux républicains qui élisent Gambetta en 1871. Clemenceau en 1885 et 1889.

La population diminue jusqu’en 1890, puis augmente jusqu’en 1911, et compte à cette date 320 000 âmes. Le Haut-Var continue de se dépeupler. En revanche Toulon atteint 100 000 habitants, Hyères se développe, grâce à l’arrivée des retraités et aussi des personnes accueillies par les établissements de cures.

Les étrangers , Italiens surtout, sont de plus en plus nombreux. Ils s’emploient dans les carrières, les mines, le bâtiment. Beaucoup obtiennent leur naturalisation. Quand la natalité elle reste l’une des plus faibles de France 18%.

Les tendances qui se sont manifestées dans l’économie pendant le Second Empire se confirment.

L’oléiculture souffre de plus en plus de la concurrence des graines et huiles coloniales, les surfaces emblavées diminuent encore.

La viticulture doit repartir sur des bases des nouvelles. En 1870 et 1890, le phylloxéra détruit tout le vignoble. Seuls résistent à la maladie des plants d’origine américaine, qu’il faut donc employer. Beaucoup de petits possesseurs ne peuvent faire face aux dépenses entraînées par ce renouvellement : ils vendent leur terre et vont augmenter la population des villes. Lorsque la reconstitution est achevée, le vin est abondant. Vers 1905 il se vend mal, d’où une certaine agitation.

Seuls prospèrent la culture des légumes, des fruits, des fleurs, celles vendues jusqu’en Angleterre et en Allemagne, et l’élevage du ver à soie.

Les industriels s’augmentent de quelques établissements nouveaux. On exploite des mines de plomb, zinc et argent, entre 1885 et 1891 sur le territoire de la Londe. Le minerai est traité sur place, dans des laveries et une fonderie. En 1892, on compte 950 travailleurs, dont 50 femmes et 25 enfants. Mais en 1910, une de ces entreprises cesse son activité et le nombre d’ouvriers tombe à 650. Dans la même commune une fabrique de torpilles est crée en 1902. Une autre usine semblable fonctionne dans le golfe de Saint-Tropez a partir de 1913.

Au début du siècle, on commence a extraire la bauxite. En 1913, la production est de 260 000 tonnes et emploie 750 ouvriers.

Par contre les industries alimentaires, l’huilerie en particulier, périclitent de plus en plus.


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