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Révolution française

Lorsqu’au mois de mars 1789 commencent les élections aux Etats généraux, le pays est troublé. L’hiver précédent, très froid, a fait périr un grand nombre d’oliviers et le prix des denrées essentielles augmente. Des émeutes éclatent fréquemment et dans la campagne, quelques châteaux sont pillés. Au mois de décembre, à Toulon, un conflit qui oppose les ouvriers de l’Arsenal et les marins à un amiral, entraîne l’arrestation de celui-ci.

En 1790 naît le département du Var. Il s’étend jusqu’à la rivière de ce nom, laquelle est une frontière puisqu’elle sépare la France du conté de Nice. Il est découpé en neuf districts, qui remplacent les anciennes vigueries. Des municipalités, élues par les citoyens actifs, prennent la place des très anciens organes locaux de gestion. A Toulon siège un Conseil et un Directoire du département ; dans tous les chefs-lieux de district, un Conseil et un Directoire de district. Le pouvoir central n’a pas de représentant.

Presque tous les Varois sont favorables aux changements qui s’accomplissent.

Le vote de la Constitution civile du clergé par l’Assemblée nationale va changer le sentiment de plus d’un. La majorité du clergé prête le serment exigé par la Constitution, mais se rétracte quand le Pape condamne cette loi. Ce problème religieux, des opinions diamétralement opposées quand à la fuite du Roi, dressent les partisans des idées révolutionnaires contre les royalistes. Du 27 au 30 Juillet 1792, puis à la fin août et au début septembre, la Société populaire de Toulon provoque des massacres. Par contre, dans le reste du département les quelques meurtres, fort rares, qui ont lieu sont le fait de soldats de passage.

Dans presque toute les localités existent des sociétés populaires, fort actives pour encourager les levées d’hommes, la collecte des fonds et pour surveiller les suspects.

Mais précisément, les Varois déplorent de plus en plus ces levées d’hommes, et la guerre qui ramène les flottes anglo-espagnoles le long des côtes. Les désertions alors se multiplient, 15% des appelés, car le pays, boisé, permet, à qui le veut de se dissimuler sans peine.

L’orage éclate au début de l’été 1793. En juin, Draguignan, puis Barjols, Fréjus, Brignoles, Saint-Maximin rejettent l’autorité de la Convention. Et dans la soirée du 12 au 14 juillet, les adversaires de la révolution prennent le pouvoir à Toulon. Très vite, les troupes loyalistes ramènent le département à l’obéissance. Mais lorsqu’elles se présentent aux portes de Toulon le 29 août, l’amiral Trogoff ordonne de laisser entrer l’escadre anglaise de Hood qui croise au large.

C’est maintenant la lutte ouverte. Le siège dure trois mois et demi. Les ennemis de la France envoient vingt mille hommes, qui s’ajoutent aux royalistes. Quarante mille républicains leur sont opposés que commande Dugommier. Dans la nuit du 16 au 17 décembre, ceux-ci menèrent une double attaque, l’une sur le Faron, l’autre sur la presqu’île de Balaguier. Bien placée par Bonaparte, l’artillerie est très vite en mesure de battre toute la petite rade. En hâte, les 17 et 18 décembre, les navires lèvent l’ancre, emmenant, dans un désordre indescriptible, des français, 7 000 peut-être, qui redoutent des représailles. Avant de partir les anglais incendient l’arsenal et neuf vaisseaux.

Le 19, à quatre heures du matin, une avant-garde entre dans la ville. Les exécutions ne commencent que le lendemain. Tout d’abord, on fusille sur le Champs-de-Mars, sur simple dénonciation. Par la suite, on guillotine, après jugement par un tribunal d’exception. Un millier de personnes auraient ainsi péri.

La convention exulte. La commune s’appellera désormais Port-la-Montagne. Les maisons seront rasées. « Il n’y sera conservé que les établissements nécessaires au service de la guerre et de la marine ». Le représentant en mission, Freron, se met à l’œuvre et il réquisitionne douze mille maçons des départements voisins. Heureusement, le bon sens l’empêche d’aller plus loin. Toulon redeviendra Toulon après le 9 thermidor.

Dans le reste du département, si les arrestations ne manquent pas, les condamnations à mort sont rares, vingt neuf en tout.

Le mois de mai 1795 voit un nouveau soulèvement à Toulon. Les marins, appuyés par de pauvres gens que la hausse des prix exaspère, se dirigent sur Marseille. L’armée les arrête au Beausset. Les marins sont graciés, mais cinquante-deux civils fusillés.

Dès lors et jusqu’en 1797, une réaction se produit contre les acquéreurs de biens nationaux et les révolutionnaires et elle aurait fait, dans tout le Var, un millier de victimes. Une nouvelle persécution atteint, cette fois, les prêtres restés fidèles à Rome et les émigrés revenus en France. En deux ans, une centaines d’entre eux perdent la vie.

Cependant les guerres qui se succèdent accablent et irritent la population, surtout parce qu’elles imposent l’appel des jeunes gens, non mariés, de dix-huit à vingt ans. De l’armée d’Italie refluent des cohortes de blessés et de malades qui occupent des « hôpitaux » de fortune où la mortalité est énorme. Devant un tel spectacle, des recrues de plus en plus nombreuses désertent, « prennent le maquis », et le « brigandage » s’accroît au grand dam des voyageurs. Du côté de Saint-Maximin, disparaissent en cours de route les bagages d’un homme puissant et déjà illustre, Bonaparte qui revient d’Egypte.


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